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Suppressions de postes  (jeudi 8 septembre 2011)

Les écoles privées se joignent à la grève

Vers une grève gĂ©nĂ©rale Ă  l’Ă©cole... publique et privĂ©e

Pour la première fois en France, cinq syndicats de l’enseignement privé ont appelé à se joindre à la journée de mobilisation lancée par leurs homologues du public, le 27 septembre prochain. Ils entendent ainsi protester contre les suppressions de postes qui concernent les établissements privés comme ceux du public et provoqueront la fermeture de 1 500 classes.

"Depuis 2008, plus de 5 000 emplois ont Ă©tĂ© retirĂ©s dans l’enseignement privĂ© associĂ© Ă  l’Etat alors que les prĂ©visions d’effectifs sont fortement Ă  la hausse", Ă©crivent les syndicats dans un communiquĂ© commun. "Environ 1 350 suppressions d’emplois sont Ă  nouveau envisagĂ©es (en 2012) pour l’enseignement privĂ©", dĂ©plorent-ils. Pour la rentrĂ©e 2011, ce sont 1 433 postes qui ont Ă©tĂ© supprimĂ©s, alors que les effectifs ont augmentĂ© de 60 000 Ă©lèves.

Deux millions d’élèves, 140.000 enseignants

C’en est donc trop pour les syndicats, qui sortent de leur traditionnelle réserve. "C’est vrai, la grève n’est absolument pas culturelle dans l’enseignement privé", a confirmé sur Europe 1 Luc Viehe, secrétaire général du syndicat professionnel de l’enseignement libre catholique . "Nous considérons qu’avant d’appeler à la grève, il y a d’autres moyens d’intervention. Et nous préférons de manière générale, être présents à notre poste. C’est notre priorité, c’est notre conscience professionnelle." Mais la situation est devenue suffisamment intenable pour que le secteur s’enflamme.

L’enseignement privĂ© sous contrat avec l’Etat concerne en France entre 15 et 17% des Ă©lèves, soit plus de 2 millions d’écoliers, collĂ©giens et lycĂ©es. Avec de vraies disparitĂ©s gĂ©ographiques. Dans l’acadĂ©mie de Rennes, l’enseignement catholique est plĂ©biscitĂ© : 40% des Ă©lèves y sont inscrits. A Paris, ils sont près de 30%. A Strasbourg en revanche, on tombe sous la barre des 10%.

Du cĂ´tĂ© des Ă©coles juives les effectifs s’Ă©lèvent Ă  plus de 27 000 Ă©lèves rĂ©partis dans 200 groupes scolaires, alors qu’on ne comptait que 16 000 Ă©lèves en 1990. L’enseignement juif reprĂ©sente 1,14% de l’ensemble de l’enseignement privĂ©.

Les Ă©lèves de l’enseignement privĂ© sont encadrĂ©s par 139 525 professeurs. S’ils ne sont pas fonctionnaires, ils sont tout de mĂŞme payĂ©s par l’Education nationale, sous le statut d’agents de droit public. Ils font le mĂŞme nombre d’heures que leurs collègues du public, et doivent suivre les mĂŞmes programme. C’est donc en toute logique qu’ils sont touchĂ©s aussi par les suppressions de postes.

Le précédent 1984

Avec des consĂ©quences plus visibles, car le privĂ© ne dispose pas d’un rĂ©servoir de professeurs pour assurer par exemple des remplacements, contrairement au secteur public. "Une suppression d’emploi dans le premier degrĂ©, c’est une fermeture de classe", assure Luc Viehe, du syndicat professionnel de l’enseignement libre catholique. "Une suppression d’emplois dans le second degrĂ©, c’est l’offre de formation qui est rĂ©duit, donc moins d’options par exemple. Ce sont aussi des Ă©tablissements qui peuvent fermer, faute d’enseignant. Ce sont enfin des classes surchargĂ©es dans d’autres endroits."

Et la grogne est générale, si bien que les syndicats affichent leur optimisme. "Bien étonnamment, malgré ce manque de culture de la grève, nous sommes convaincus que la participation sera relativement massive à cette journée du 27 septembre", veut croire Luc Viehe. L’histoire lui vient en aide. La précédente grande mobilisation de l’enseignement privé date du 24 juin 1984. Entre 550.000 et 2 millions de personnes avaient défilé à Paris pour protester contre la loi Savary remettant en cause l’enseignement privé dans le secondaire. François Mitterrand avait retiré le projet de loi trois semaines plus tard. L’affaire avait coûté sa place au Premier ministre Pierre Mauroy, démissionnaire trois jours plus tard.

Source : Europe1