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"Interdiction" du terme "Shoah" dans les manuels  (lundi 5 septembre 2011)

Le Ministre clot l’incident...

Luc Chatel au mémorial de la Shoah, à Paris

Suite et fin de la polémique autour d’une rumeur annonçant la disparition du terme Shoah des manuels scolaires. Luc Chatel, le Ministre de l’Education nationale a publié une tribune dans le journal Le Monde intitulée "Que Claude Lanzmann se rassure". Il en ressort clairement qu’il n’a jamais été question de passer la Shoah sous silence ni d’en minimiser la spécificité. Tout avait commencé la semaine dernière par une tribune de Claude Lanzmann, le réalisateur du film "Shoah" qui désigne désormais le génocide juif.

Manifestement mal informé, mais en toute bonne foi, Claude Lanzmann avait interpellé avec fougue et éloquence les pouvoirs publics sur une prétendue interdiction du terme "Shoah" dans les manuels d’histoire. Renseignements pris, il n’en est rien. Melamed publiait dès la fin de semaine dernière le Bulletin Officiel de l’Education nationale incriminé à tort et montrait que l’accusation était totalement infondée. Le Ministre insiste d’ailleurs sur les très nombreuses initiatives prise dans le domaine de l’enseignement de la Shoah.

Nous retranscrivons ici ses propos :

"La Shoah ne devait avoir ni survivant, ni témoin, ni récit." Par ces mots, Simone Veil ouvre le livret Mémoire et histoire de la Shoah à l’école, adressé par le ministère de l’éducation nationale à chaque école élémentaire de notre pays à l’automne 2008. Evoquant son témoignage inlassable auprès des jeunes générations, elle ajoutait : "L’école est incontestablement le lieu où l’histoire de la Shoah doit continuer d’être enseignée." Cet impératif, je l’ai fait mien à la tête du ministère dont j’ai la charge. Car une exigence est née du crime effroyable, issu d’une idéologie folle et raciste : témoigner, témoigner encore et toujours. Aujourd’hui, cette exigence demeure, avec toute sa force. Il en découle une conviction et un engagement pour tous les éducateurs de notre pays.

La conviction d’abord que l’histoire de la Shoah est inscrite au cœur du socle de connaissances et de valeurs que la République française entend transmettre à ses enfants, à tous ses enfants. Car l’histoire de la Shoah, on ne saurait jamais trop le dire, n’est pas seulement l’histoire de ceux qui l’ont vécue, de ceux qui ont survécu. C’est l’histoire de l’humanité tout entière. Une histoire qu’il nous faut connaître pour tenter d’appréhender la monstruosité d’un crime inouï dans l’Histoire. Contre le silence, il nous faut enseigner. Contre l’oubli, il nous faut transmettre. Contre la négation de l’homme, il nous faut éduquer.

Enseigner la Shoah, c’est donc enseigner son histoire pour permettre à nos enfants de comprendre la seconde guerre mondiale, ses bouleversements et le monde qui en est issu. Mais pour moi, cet enseignement a aussi une visée civique. Car connaître la Shoah et comprendre les mécanismes qui l’ont permise, c’est apprécier en retour les principes de liberté et de responsabilité sur lesquels est fondée la citoyenneté contemporaine.

Mais naturellement, cet enseignement a aussi une dimension morale. Connaître la Shoah et son histoire, c’est savoir que le pire peut survenir. C’est inviter par là même nos enfants à la vigilance, à la conscience, au rejet du mal et à la quête du bien. C’est les inviter à placer le respect de l’homme au-dessus de tout. Mais cette conviction n’a de sens qu’avec un engagement sans faille : l’école ne cessera d’être ce lieu unique où se transmet l’histoire de la Shoah, où elle se transmettra encore lorsque la parole des témoins se sera tue.

C’est bien pour cela que l’histoire de la Shoah – oui, de la "Shoah" – est enseignée à tous nos élèves, à tous les niveaux de la scolarité : à l’école, au collège, au lycée. Je tiens à rassurer Claude Lanzmann, avec qui j’ai des contacts réguliers et que j’ai vu encore récemment : aucune instruction n’a jamais été adressée aux professeurs pour bannir le mot "Shoah" de nos salles de classe. Nos professeurs font d’ailleurs, je tiens à le souligner, un travail remarquable pour enseigner l’histoire de la Shoah.

Ma responsabilité de ministre de l’éducation nationale est précisément de mettre à la disposition des professeurs les moyens de la mise en œuvre de cet enseignement, dans toute son exigence et sa sensibilité. C’est bien pour cela que le portail shoah.education.fr a été créé en 2008 pour les professeurs des écoles. C’est bien pour cela que nous travaillons en toute confiance avec la Fondation pour la mémoire de la Shoah et que nous renforçons, année après année, notre partenariat avec le Mémorial de la Shoah.

En janvier 2010, j’ai souhaité accorder à cette institution, qui fait autorité, l’agrément du ministère de l’éducation nationale et je constate aujourd’hui avec satisfaction le développement des formations qu’elle organise pour nos professeurs dans les académies.

En janvier 2011, j’ai signé, avec le Mémorial de la Shoah, une convention-cadre qui retrace la diversité de notre action conjointe et inscrit notre partenariat dans la durée. Elle débouchera d’ailleurs, en janvier prochain, sur la création d’un site de ressources pédagogiques destiné à accompagner les professeurs dans leur enseignement.

Plus que jamais, l’éducation doit être le meilleur rempart contre toutes les formes de négationnisme, d’antisémitisme et de racisme.